Archive for the 'Pensée' Category

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L’abrazo

Vendredi 17 août 2007

L’abrazo est un élément essentiel du tango. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec cette danse, c’est tout simplement la position unissant les corps de l’homme et de la femme lors de la danse. 

Comment se traduit “el abrazo” en français? On utilise souvent ce mot espagnol comme un concept abstrait, comme s’il s’agissait de “la patata”, la pomme de terre, ou encore “l’asado”, la grillade.

En anglais, on peut parler de “the embrace”, et je crois que le terme est assez utilisé dans le monde du tango. En français, à défaut d’embrasement, il n’y a que “l’embrassade” qui est disponible, mais qui ne requiert que peu de suffrages. Ai-je oublié un autre terme?

On parlera donc d’abrazo abierto o cerrado, “ouvert” ou ”fermé” selon les préférences de chacun. Dans le premier cas, le contact se fait exclusivement via les bras, et aussi le regard, idéalement. Dans le second cas, le contact est plus global, poitrine contre poitrine, comme si l’on embrasse son ou sa partenaire, au sens premier. Le but est simplement d’être confortable dans les bras de l’autre.

Pour l’homme, avoir un abrazo arrondi, sans être dur ou anguleux, sans tension ni force. Pour la femme, de même, le difficile étant peut-être d’adapter sa position en fonction de la différence de taille avec l’homme. J’ai dansé des tangos très agréables en abrazo cerrado avec des femmes me rendant 30 centimètres, talons compris. C’est donc possible!

En Europe, souvent le tango est enseigné aux débutants avec un abrazo ouvert, alors qu’en Argentine, le même tango peut être enseigné aux mêmes débutants avec un abrazo fermé. Est-ce une question de pudeur? Est-ce vraiment une question de technique? Ça paraît plus facile? J’ai rencontré des débutantes qui me disaient qu’il était plus difficile pour elles de danser avec un abrazo ouvert que fermé.

Au contraire, en Suisse, certaines ne veulent pas danser avec un abrazo fermé, parce que c’est supposément plus difficile, parce qu’elles ont appris ainsi, ou peut-être parce qu’elles craignent que l’abrazo de l’homme leur sera inconfortable ou pire.

Je pense qu’il est important de garder à l’esprit que le tango est une danse de liberté, qui peut se danser par moments avec un abrazo cerrado, et à d’autres un abrazo abierto. C’est à l’homme de règler le format de son abrazo en fonction de ses habilités techniques et celles de sa partenaire, en ayant toujours à l’esprit que l’objectif de l’abrazo est que chacun soit confortable dans les bras de l’autre.

Il n’y a pas de règle qui dit qu’un ocho en avant doit se faire avec un abrazo particulier, ouvert ou fermé comme il n’y en a pas qui dit que l’homme doit faire un pas latéral quand il fait faire un ocho en arrière à la femme. Tout dépend de la technique de chacun.

Certains danseurs, généralement davantage dans la mouvance du tango nuevo, préfèrent un abrazo ouvert en permanence. D’autres, adeptes du style de tango milonguero - moins fréquent en Suisse - gardent l’abrazo fermé quasiment en permanence.

J’apprécie aussi ce deuxième style, ma fois bien agréable, mais il est vrai que ce n’est pas forcément facile, particulièrement pour quelqu’un qui débute. Mais ce que je préfère, c’est d’avoir la liberté de pouvoir coulisser d’un abrazo à l’autre en fonction de ce qu’impose la situation ou les pas que je vais faire. Et non être contraint à un abrazo ouvert en permanence, qui me donne l’impression d’une barrière entre moi et ma partenaire.

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Ne pas regarder ses pieds, quelle frustration!

Dimanche 12 août 2007

Souvent, je me suis étonné de voir de bons danseurs, y compris lors de démonstrations (!) continuer à regarder vers le sol quand ils dansent. Histoire peut-être de vérifier si les pieds qui les portent sont toujours là, au nombre de 2?

Attention, je sais très bien que c’est difficile de se défaire de cette mauvaise habitude. Moi le premier, j’ai souvent peine à détourner mon regard de mes pieds et de ceux de ma partenaire, subjugué par les arabesques qu’ils font parfois.

Mais mais mais, ce n’est pas une raison. Donc je m’efforce de me tenir droit, sans pour autant tirer la gueule et avoir le regard figé dans le vide. Et si j’arrive à attraper le regard de ma partenaire, c’est encore mieux!

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L’esprit de la danse

Mercredi 9 mai 2007

J’ai quelques billets en réserve depuis la fin de mon séjour porteño, que je vais livrer progressivement, vu qu’ici, les nouveautés dans le domaine dansable risquent d’être limitées! 

D’abord, je l’avais déjà entendu en Suisse, “el tango es un baile social”, le tango est une danse sociale.

Pour moi, le but ultime est d’être heureux de danser tout simplement, danser pour danser, et non pour rechercher sans cesse à améliorer sa performance.

Progresser, apprendre, un leitmotiv que je rencontre souvent, et qui me concerne parfois, mais pour moi, c’est un piège.

J’admire les latins qui dansent la salsa, qui la dansent de manière simple, pour danser, pour le plaisir du partage, du moment de relâchement où l’on se laisse bercer par la musique et la danse.

Malheureusement, beaucoup d’européens, après une telle danse, “se seront ennuyés.” Et l’on en revient à la question de la connection entre les partenaires.

Je l’avoue, des fois en dansant la salsa avec très peu de figures, je peux m’ennuyer. Au tango, non, je sens beaucoup plus la connection que lors de la salsa. Pas toujours, et alors peut survenir l’ennui si l’on ne peut pas se cacher derrière quelques figures.

Dans les deux danses, sans aller à l’extrême, je trouve beau l’idée de danser pour danser, sans artifices, sans (se) compliquer (la vie).