Archive for avril, 2007

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Dimanche, jour de la famille

Dimanche 29 avril 2007

Aujourd’hui dimanche, il fait un temps magnifique. Je vais en profiter pour retourner monter les 1070 marches du Cerro San Bernardo, qui surplombe Salta.

Le dimanche, tout le monde le passe en famille ici, d’après ce que je sais. Du coup, je me sens un peu déraciné, isolé parfois. Heureusement, ce ne sont que des courts moments.

Je vais prendre mon tout nouvel équipement à maté (thermos, sac, récipient, bombilla, maté et yerba), me poser et admirer Salta au calme depuis en haut.

Je prends un peu de retard dans l’écriture de mes billets, il y a plein à écrire, ça viendra prochainement.

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Salta me voici!

Samedi 14 avril 2007

Je sors maintenant du plus long trajet en bus de ma vie, soit 21 heures. C’était long. Presque aussi long que le trajet Suisse - Buenos Aires. En Argentine, on a tendance à dire qu’après des voyages interminables en bus, il faut se faire refaire la raie qui sépare les deux moitiés de son postérieur. Expérience vécue, je valide l’expression.

Après 5 semaines à Buenos Aires, j’ai donc pris le bus de la Nueva Chevallier à 20h30 hier soir. Je devais retirer mon billet 30 minutes avant le départ, et compter 30 minutes en taxi pour se rendre à la gare routière en pleine heure de pointe, c’était un petit peu trop ambitieux. Au prix d’un peu de stress et de quelques minutes de retard j’y suis arrivé, mais mieux vaut prévoir une heure pour être tranquille.

J’ai payé 180 pesos pour un aller en classe “Ejecutivo”, la plus élevée, que je conseille. C’est seulement 30 pesos de plus que pour le trajet en semi-cama, donc à peine plus d’un peso supplémentaire par heure de voyage!

J’avais choisi une place au premier étage tout devant, donc la vue sur la route. Le bus compte 40 places réparties sur 2 étages, il y a donc bien plus d’espace que dans un avion.

J’avais le choix entre télévisions avec DVD sans interruption pendant la journée, et la vue sur la route, la route et encore la route. J’ai fait un peu des deux.

Nous nous sommes arrêtés à 23 heures et à 7 heures le matin dans des aires de repos perdues au milieu de nulle part pour manger un truc.

La route entre Buenos Aires et Tucumán est d’un monotone au niveau des paysages, mis à part l’observation de l’activité du bord de la route. C’est fou comme ce pays est vide: des kilomètres avec rien ou pas grand chose, avant de passer par quelques petits centres urbains.

Nous sommes arrivés avec 2 heures de retard, je ne sais pourquoi, peut-être les nombreux travaux qu’il y avait sur la route. J’avais l’impression que rien n’avait été fait au cours des 30 dernières années et que du coup, toute la route devait être rénovée d’un coup.

Mis à part entre Buenos Aires et Rosario, où il y a une autouroute, et les 50 derniers kilomètres en arrivant à Salta, la route est normale, avec 2 voies et en quelques rares endroits 3 ou 4. Cela se comprend en partie vu le “peu” de trafic, mais en de nombreux endroits, elle a encore besoin d’être élargie, histoire d’être un peu plus sûre. D’où les travaux.

Plus de nouvelles de Salta vous seront livrées prochainement, ainsi qu’encore des nouvelles de tango, sur mes dernières sorties en milonga ainsi que, je l’espère, quelques notes tentant d’expliquer la philosophie du tango que j’aime.

A Salta, je ne sais pas encore ce que je trouverai. Il y a un peu de tango, mais pas tant que ça. Je suis sûr que ce sera sympa.

J’ai aussi envie de sortir à des “Peñas”, des soirées où se danse le folklore argentin: chacarera, zamba… J’adore, c’est beau, j’ai pratiqué déjà un peu de chacarera pour m’amuser, on verra si je persévère. L’inconvénient majeur: je n’aurai personne avec qui le danser quand je rentre en Suisse…

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Des Milongas, en veux-tu en voilà

Jeudi 5 avril 2007

Voilà quelques semaines que je n’ai rien écrit sur les Milongas de Buenos Aires. Pourtant, je n’ai pas chômé, mais l’inspiration est plutôt venue sur les aspects généraux de la vie argentine que sur le tango à proprement parler.

C’est qu’il y a tellement à dire sur les milongas, et sur ma vision du tango, que je ne sais pas par où commencer, surtout s’il faut rester concis.

Donc pour la vision du tango, on repassera par un prochain billet, et je vais faire un petit rattrapage des milongas du coin, que j’ai eu l’occasion de visiter.

Tout d’abord, il convient de préciser que l’atmosphère d’une milonga dépend du lieu et aussi de qui l’organise. Le Canning le lundi, ce n’est pas la même chose que le Canning le samedi, paraît-il.

Aussi, certains lieux ont une ambiance parce qu’il y a des habitués, des gens qui se connaissent. Dans d’autres au contraire, on y croise juste des touristes qui ne viennent qu’une fois.

Tout cela pour dire que ma liste est assez aléatoire

Mercredis

La milonga gay La Marshall (maintenant à Club Bohemia, Maipú 444 y Corrientes) vaut le détour. L’atmosphère est relax, il y a évidemment beaucoup d’habitués, et pour ceux qui en doutaient, pas de problème, on y croise aussi plein d’hommes qui dansent avec des femmes.

Le tango y est assez libre, et aussi on ne sent pas le regard des autres qui pèse sur soi comme en certains endroits. Il y règne assez logiquement une grande tolérance.

Il faut juste s’habituer à voir parfois nous arriver dessus, si collision il y a (cela peut arriver, tango plutôt nuevo oblige), ou si collision on pense qu’il y aura, 2 hommes parfois costauds et non un couple dont une moitié est plus légère que l’autre.

A l’autre extrême on peut aller à La Nacional (Alsina 1465), une milonga assez select où l’on se fait placer. Tous les hommes dans un coin, les femmes dans un autre, je ne sais pas si c’était fait exprès. Bref, le royaume du cabeceo, sauf que pour inviter les femmes qui sont assises du même côté de la salle mais à 20 ou 30 mètres ce n’est pas facile! Et pas de chance, les toilettes n’étaient pas de ce côté donc pas d’excuse facile pour s’y rendre.

Je crois que le truc, c’est qu’il faut être prêt à aller se rasseoir pas forcément là où on était placés au début, si cet endroit est mal situé ou si les voisines restent insensibles au regard qu’on leur tend, ou pour les femmes, si les hommes ne vous invitent pas.

Jeudis

J’ai eu la chance de voir un jeudi Los Tubatango au Club Villa Malcolm (Cordoba 5064). Un bon groupe, et un bon lieu assez jeune, relax et très bon marché. Je connais surtout les soirées du vendredi (où l’on enchaîne à La Viruta, située à 2 cuadras, après la fermeture à 3 heures, pour danser jusqu’à 6 heures du matin!) mais il y a des milongas ou des prácticas tous les soirs.

Je suis aussi allé à La Viruta (Armenia 1366), un endroit jeune à recommander pour les tangueros dans la vingtaine ou la trentaine. Bon, il y a beaucoup de touristes, ça choque un peu dans tous les sens, mais c’est vivant, c’est animé, bref le contraire d’une milonga traditionnelle.

Les boissons sont pas chères, la piste est géante, et il arrive qu’il y ait des concerts de tango electro. J’ai pu voir Otros Aires cette fois-ci: sympa, même si je n’ai pas autant apprécié que Narcotango, que j’avais vu lors de ma dernière visite.

L’endroit est ouvert du mercredi au dimanche soir, mais le vendredi et le samedi il est déconseillé d’y arriver avant 3 heures du matin car l’endroit est plein à craquer. Donc, pour commencer avant, Villa Malcolm c’est parfait le vendredi.

Pour moi, ce qu’il ne faut pas rater, c’est le cours de tango qui précède la milonga. Pas forcément pour apprendre quelque chose, mais c’est inclus dans le prix d’entrée, et c’est spectaculaire de voir peut-être quelques 200 personnes prendre un cours divisé en 6 niveaux, avec les professeurs qui parlent très fort pour se faire entendre…

Ce soir je vais aller au Niño Bien (Humberto Primero 1462). C’est le jeudi que c’est le mieux là-bas, la salle est grande et il paraît que l’ambiance est bonne pour une milonga traditionnelle.

J’y étais allé un dimanche une fois pour la fin du CITA, le Congrès International de Tango Argentin. C’était une soirée spéciale, avec plein de monde, et plein de démonstrations. J’avais particulièrement aimé celle de Nancy Louzán (non, pas Lausanne) et Damián Esell. Peut-être parce qu’elle était enceinte, ça ressemblait plus à du tango qu’à la gymnastique qu’on peut voir dans certaines démos.

J’aurais aussi pu aller au Club Español (B. de Irigoyen 160), un très beau salon qui fait milonga durant l’après-midi mais j’ai d’autres plans.

Vendredis

La Confiteria Ideal est un lieu à ne pas rater. Il y a plus de monde le soir que durant la milonga de l’après-midi, et il y a souvent des concerts. J’y ai vu Color Tango de Roberto Alvarez, que je vous recommande fortement quand ils passeront à Lausanne en mai pour les Tangofolies. J’ai trouvé le chanteur Roberto Decarre impressionnant. J’étais en train de danser quand il a commencé à chanter, j’ai levé la tête et pensais voir un homme d’un certain âge. Je trouve qu’il a une voix de personne mûre, alors qu’il est super jeune.

Un conseil: évitez de sortir votre appareil photo pour filmer en vidéo le concert, Roberto Alvarez n’aime pas ça du tout.

Une autre fois, je suis allé à Flores, à La Baldosa (Falcón 2750), voir Los Reyes del Tango. Ils sont sensés être les meilleurs, ils ont joué avec les plus grands mais j’ai trouvé leur concert trop court. J’ai l’impression que personne n’a cru que c’était la fin, d’où peu d’applaudissements. Le lieu est un peu excentré, mais il vaut la peine quelques fois de sortir des sentiers battus pour aller là où moins de touristes vont, et se rendre compte à quel point Buenos Aires est une grande ville.

J’aurais voulu aller à une milonga à Cochabamba 444, une milonga où vont presque seulement des Argentins, plutôt jeunes. Au lieu de ça je suis allé au Club Independencia 572 où des amis m’attendaient, une salle sympa pour une milonga calme sans chichis, pas beaucoup de monde pour un vendredi soir et un toit qui fuyait. La salle est sympa mais il paraît que les milongas ont de la peine à prendre là-bas.

Samedis

Je suis enfin allé au Sunderland Club, à Villa Urquiza (Lugones 3161, près de l’Avenida Congreso). C’est très excentré comme endroit, mais cette milonga qui a lieu dans une salle de basketball décatie est une remontée dans le temps à ne pas rater.

C’est l’un des rares lieux où l’on danse simple, de manière bien éduquée, et où l’on peut retrouver l’essence du tango qui pour moi est la connection entre les partenaires et non la multiplication des figures (mais ceci est une autre histoire.)

Durant toute la soirée, je n’ai pas eu à subir une collision bien que la piste ait été très encombrée.

J’ai eu l’occasion de voir danser Géraldine Rojas durant la milonga, selon certaines la meilleure danseuse de tango de Buenos Aires. Une pureté dans le mouvement des jambes et des pieds…

Osvaldo Zotto et Lorena Ermocida ont aussi fait une démonstration improvisée, dans la lignée de ce tango original que je recherche. On pourrait dire que durant les deux morceaux ils n’ont “rien” fait. Mais avec la manière dont ils dansaient, ils n’avaient rien besoin de faire de plus que “simplement” danser pour que l’on soit pris par l’émotion.

Samedi passé je suis allé à la milonga Bien Pulenta (Perón 2547). C’était assez distingué, une bonne adresse, une jolie salle où il y a des shows pour touristes aux autres moments de la semaine: donc un peu kitsch. Et ce n’est pas un lieu d’habitués, ce qui nous a fait ressentir un léger manque d’ambiance bien que la soirée ait été dans l’ensemble agréable.

Dimanches

Le dimanche est la soirée des milongas en plein air. Celle que je préfère est celle de la Glorieta de Barrancas de Belgrano. Le kiosque du Parc de l’Indépendence à Morges un jeudi soir d’été, puissance 10. L’endroit est fréquenté surtout par des Argentins, s’il fait beau il y a vraiment beaucoup de monde, surtout à l’heure de pointe entre 21 et 22 heures. On y danse également le samedi soir.

Sur le chemin du retour après le souper, on peut s’arrêter à La Viruta pour finir la soirée.

Il est aussi possible de danser sur la Plaza Dorrego à San Telmo, une atmosphère agréable également, mais plus petit, avec plus de touristes en spectacteurs et sur la piste.

Dimanche passé il y avait un risque de pluie, donc le tout a été annulé, je suis donc allé au Centre Culturel Torquato Tasso (Defensa 1575, à côté du Parque Lezama). Là aussi, on vous place, mais il ne faut pas hésiter à bouger un peu pour avoir plus de chances de cabécéer ou se faire cabécéer. Il y a régulièrement des concerts là-bas.

Des amis sont allés à Lo de Celia, une milonga traditionnelle avec des tangueros un peu plus âgés.

Lundis

Je fatigue un peu, peut-être mon lecteur aussi. J’ai tendance à me reposer le lundi, peut-être un héritage de Lausanne où c’est le seul soir sans tango. Peut-être aussi parce que j’ai décidé que je n’allais plus au Salon Canning ce jour-là.

Il paraît que le Club Gricel est sympa, aussi avec un public plus âgé, et Villa Malcolm est bien aussi du côté des plus jeunes.

Mardis

Sur la route de la Catedral mentionnée lors d’un précédent billet, je me suis arrêté à la Practica X (prononcer “équis”) de Pablo Inza (Anchorena 641). Près du Shopping Abasto, c’est l’un des rares endroits tanguesques de Buenos Aires qui est assez glauque, donc mieux vaut prendre le taxi. C’est un endroit à tango nuevo, une très grande salle, beaucoup de monde, dont les “meilleurs” danseurs et professeurs de Buenos Aires. Les deux premières femmes que j’ai invitées enseignaient le tango. Donc préparez-vous à une ambiance particulière entre touristes et argentins, entre superbes expériences de danse et grosses têtes qui ne passent pas par la porte.

Je suis allé mardi passé au Porteño y Bailarín (Ríobamba 345,  y Corrientes), un endroit particulier puisqu’il y a 2 petites pistes de danse, dans une grande salle en L. Quand j’y suis allé, la seconde était presque vide, donc l’idéal lorsque je souhaitais souffler et danser avec un peu plus d’espace, faire des choses un peu plus originales.

Enfin, juste à côté, il y a El Beso (Ríobamba 416, y Corrientes), une autre petite salle assez traditionnelle mais centrale, donc avec beaucoup de touristes et peu d’espace.

Voilà, ouf, j’ai fait le tour de la semaine, et de mon actualité tango de la dernière quinzaine. J’espère n’avoir rien oublié…

Bravo, vous êtes arrivés au bout, c’est l’heure de la cortina, vous pouvez aller vous reposer un moment!

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Comment s’habiller en été à Buenos Aires

Jeudi 5 avril 2007

Si vous voulez faire couleur locale en Argentine en été, mesdemoiselles et mesdames surtout, voici les instructions.

Bien sûr en plus d’éviter le sac à dos sur le ventre, le sac à dos tout court, l’appareil photo à la main, le sac tout neuf de chaussures de tango et j’en passe…

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Il vous faut comme habit “la musculosa”, ce qu’on a tendance à appeler un “marcel” en Suisse, pour les hommes en tout cas. Notez bien les bretelles de soutien-gorge visibles, idéalement d’une couleur différente à l’habit que vous portez, mais qui la complète bien.

Ensuite, l’autre élément essentiel, c’est la paire de tongues. Les étrangères se repèrent entre autres à leur absence de tongues.

Quasi toutes les Argentines en mettent, qui vont du plus basique au plus design. C’est assez impressionnant au vu de la pollution ambiante et de l’état des trottoirs, entre poubelles éventrées par les cartoneros, et les résultats des promenades de Brutus, Médor, et de tous leurs amis.

A ce propos, l’une des expériences phares de mon séjour s’est passée au Parque Las Heras: j’ai vu (si, si, je vous jure) une femme sortir un sac en plastique après que Rex ait fait ce qu’il avait à faire.

Zut, je n’ai pas vérifié si elle portait des tongues ou non.